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Les créations de Dominique

Mes coups de coeur

Je ne me ressens pas comme une artiste ou une créatrice, juste comme une bricoleuse.
La nature est une source d'inspiration inépuisable.
Nous ne sommes que de pâles imitateurs de ce que l'univers a déjà créé...
Je suis attirée par les matières les plus simples et les plus naturelles comme les perles de bois, de coco et de terre, le corail, le verre et le cuir.
Les fontes ou estampes qui reproduisent le plus souvent des motifs végétaux, sont soudées et travaillées à l'atelier.
J'aime mélanger l'argent et l'or et capturer la lumière dans des perles de verre, comme le ferait, dans la nature la rosée déposée sur les feuilles.
La participation aux journées des métiers d'art est l'occasion de faire partager ma passion et d'expliquer aux visiteurs les nombreuses techniques de travail.


Antilles
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                         Seigneur, dans tout labeur de mes mains,
                         Laisse une grâce de Toi pour parler aux autres
                         Et un défaut de moi pour me parler à moi-même.
                         Garde en moi l'espérance de la perfection,
                         Sans quoi je perdrais coeur,
                         Sans quoi je me perdrais d'orgueil.
                                                  Extrait de la prière de l'artisan



La Valise de Momo

La Valise de Momo, une création de Julie Del Sole et Dominique Thireau Bruneau :
une collection atypique de livres d'artiste...

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Mes coups de coeur

Notre Dame de Grasse

Le statuaire religieux, dans son admirable diversité, nous permet de découvrir au hasard d’une promenade, celui ou celle qui deviendra pendant longtemps le compagnon de nos méditations.

Petite fille j’avais l’habitude d’arpenter les musées et les monuments, la main serrée dans celle de mon père tant aimé et admiré. Je me souviens qu’alors, parfois n’en pouvant plus de tant de découvertes et d’interminables visites, je faisais mien un seul objet pour ne plus focaliser mon attention que sur lui seul. Une façon de me l’approprier et de faire une pause devant cette orgie de connaissances qui m’était proposée. Je partais alors à la recherche du moindre détail et tellement absorbée par cette enquête j’en oubliais tout le reste. C’est ainsi qu’une inscription en éloge de la jeune Julia sur le forum de Rome reçut toute mon attention ou la mosaïque de l’étal du pêcheur à Ostie dont je me souviens encore aujourd’hui dans les moindres détails. Mon esprit vagabonde encore de musée en musée en Italie bien sûr, mais aussi en Angleterre où mon attention resta captée sur une modeste sandale égyptienne gisant au milieu d’une montagne de momies anonymes entassées dans leurs bandelettes rousses et dont le souvenir touchant de simplicité me hanta au point de susciter en moi une vocation d’archéologue. Petit détail de la vie courante si émouvant dans sa simplicité et redonnant leur identité d’hommes à ces pauvres paquets bituminés.

Aujourd’hui encore, découvrant de nouveaux édifices mon regard redevient celui de la petite fille d’autrefois et très vite c’est un détail qui accroche mon attention me détournant souvent de tout le reste. C’est ainsi que je me suis arrêtée un jour sur notre Dame de Grasse, sculpture conservée au musée des Augustins de Toulouse.

Impossible de me défaire ensuite de cette magnifique et rare représentation de la vierge à l’enfant, datant du XVème siècle. J’ai été saisie par sa moue enfantine, le statuaire classique nous représentant rarement Marie sous les traits de la toute jeune fille qu’elle était pourtant et préférant nous la montrer comme une femme épanouie et maternelle sans doute plus réconfortante et protectrice. Impossible désormais de penser à Marie sous d’autres traits que ceux de cette jeune personne serrant son missel sous un bras et maintenant l’enfant de l’autre. Magnifique travail de sculpture, je reste émerveillée par le drapé de son vêtement fourré et par la finesse extrême de son petit visage un peu triste mais plein de douceur et empreint d’une expression délectable, de calme serein.
                                                                                       D.T.B.


L'église Saint Pierre de Touques, XIème siècle

A l’occasion de l’installation de l’exposition “de l’imagination ... à la création” organisée à Touques, j’ai passé une nuit dans la magnifique église Saint Pierre.
J’ai été submergée par la beauté du lieu et j’ai éprouvé l’envie de transcrire en mots les impressions si particulières ressenties en ce lieu.
Sont nées cette nuit là ces quelques lignes que je vous livre.

Une nuit à Saint Pierre de Touques

Parfois si pétrifiée par les douleurs humaines, je m'évade...
Alors les Anges se réjouissent et chantent au firmament.
Drapée dans leurs grandes ailes, j'oublie tout ce fracas,
Et je me sens solide, enfin confiante et forte.
Pas de larme, pas de cri.
Là-haut ils s'émerveillent et mon coeur glacé, alors se délivre.
Portée dans leurs bras d'Ange, je suis sereine et calme,
leur lumière m'illumine et brille sur ce monde.
J'ouvre doucement les yeux aux misères dérisoires
Et je rêve aux sourires, aux baisers des délices.
Légers frôlements de plumes. Signes à n'en plus finir.
Ils attisent en moi le goût suave du sacré.
Tempête dans les cieux, les Anges se rebellent,
Devant l'ignominie à leur tour ils s'écrient.
Déluge de plumes blanches, eux aussi ils s'insurgent
Et veulent changer les hommes.
Pluie de paillettes roses, au rythme de mes chants,
Enfin la mer se calme et l'Amour se répand.
Je referme les yeux j'ouvre bientôt mon coeur
Et j'entends les murmures, douces supplications.
Je vois les larmes qui coulent et les longues processions,
Les flambeaux sur les pierres, les mains jointes et les chants.
La main sur la pierre, je la sens respirer.
Pauvre église martyre ses murs sont criblés
Mais tel Saint Sébastien elle rayonne quand même.
Témoignages dérisoires, ciselant dans ses murs,
Ils creusent souvent leurs marques, parfois avec grand peine.
Mais maintenant j'écoute et je la sens vibrer.
Elle raconte tour à tour les douces mélodies, les pleurs, les incendies...
Et pourtant elle rayonne, dans sa lente agonie.
Dans les feux de la nuit je la ressens encore.
Je vois les hommes à genoux et ceux qui la supplient.
Comme les chants d'un Ange montent les litanies
Et les complaintes sourdes du fond des murs meurtris.
A nouveau les bougies, flammes de vie, vascillent,
A nouveau comme un baume, leur lumière se repand.
Ma prière en leur coeur couvre toutes les douleurs,
elle endort les pleurs et l'odeur de la cire est proche de la myrrhe.
                                                                                       D.T.B.
Pour voir les photos de l'exposition à Touques

Création J.D.S.




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